Attention au Krach

Nous voilà donc re-confiné pour au moins 1 mois.
On pouvait se douter de cela en suivant les indicateurs macro-économiques et financiers de ces derniers jours. Explication et analyse de la situation sans fard tout en dévoilant des pistes de solutions pour protéger votre épargne. 

Il faut commencer par bien garder en tête que l’économie ne s’est absolument pas remise de la 1ère vague pour la simple et bonne raison que nous sommes entrés en récession depuis fin de 2018/début 2019. La crise du COVID ne fait qu’accentuer cette récession à un niveau qui devient dramatique. N’oublions donc pas que le tissu économique allait déjà très mal pré-COVID.

Selon le graphique ci-dessus, 2/3 des entreprises n’ont pas atteint à nouveau leur valeur d’avant crise. 25 % des entreprises sont entre 0 et 20% de baisse et 40% de nos plus grosses entreprises subissent des chutes de leur cours supérieure à 20%. Considérer cette situation comme dramatique est loin d’être un euphémisme, ces 500 entreprises, présentes dans l’indice Eurostoxx 500, sont bien plus résistantes que le reste des entreprises européennes. De plus, la BCE et les différents pays européens ont inondé les marchés et l’économie d’argent.

Au 2e trimestre 2020, où la chute du PIB en France a été forcément violente, on parle de 40% d’activité en moins. Pour autant, comme nous le dévoile le graphique ci-dessous – il y eu moins de faillites d’entreprises par rapport à une année normale.

En général, il existe une corrélation entre la chute d’un PIB et les faillites d’entreprises. Mais 2020 n’étant pas une année comme les autres, les mesures de soutien ont permis près de 20% de faillites en moins que d’habitude. 

Il est compliqué pour quiconque de mesurer correctement la profondeur de cette crise. En effet, une grosse partie des emplois et des revenus de la population qui risquent de disparaître sont aujourd’hui maintenus en état de survie.

Pourtant, selon une étude du cabinet McKinsey datée du 22 octobre, c’est la moitié des PME en Europe qui pourrait faire faillite d’ici 12 mois. Précision non négligeable : dans cette étude, McKinsey ne prend pas en compte les effets du 2e confinement qui s’ouvre aujourd’hui.

Les 2/3 des PME en Europe ont vu leurs revenus impactés à la baisse pendant la première phase de la crise du COVID.

Seules les grosses entreprises arrivent finalement à sortir la tête hors de l’eau.  

Dans la même veine, les marges des entreprises en France se sont effondrées d’environ 20%.

On peut donc assez logiquement s’attendre à une hausse du chômage.

Bien sûr, les causes de fond sont connues et ne sont pas seulement l’apanage du COVID. L’effondrement des marges des entreprises qui déterminent directement le niveau de chômage et le niveau d’appauvrissement du pays est un phénomène dont l’origine remonte à la mise en place de l’euro.

Même chose en Italie où la production industrielle s’effondre au profit de l’Allemagne depuis l’arrivée de l’euro.

Dans ce cas de figure particulièrement, il est important de ne pas confondre la santé toute relative de certains marchés boursiers avec la santé du tissu économique.

Une autre illustration de ce phénomène de fond d’atrophie de l’économie – absolument pas conjoncturel et spécifique à l’apparition du COVID – est l’effondrement du secteur bancaire européen. Les banques sont les premières à souffrir d’une atrophie du tissu économique. Elles sont en face de tous les défauts d’entreprises sur les prêts qu’elles ont consentis.

Depuis 2008, les bancaires européennes ont perdu 90% de leur valeur. Le problème étant – avec cette nouvelle crise de 2020 – que la lumière au bout du tunnel est encore loin. Les marchés financiers considèrent le secteur bancaire européen comme déjà nationalisé, pour éviter la banqueroute de certaines banques. 

En Europe, au moins, la situation ne reviendra pas à la normale avant peut être très longtemps. Il nous faudra vaincre tous nos démons avant de pouvoir repartir sur de nouvelles bases.

Où mettre son épargne ?

Nous sommes dans une récession mais ce n’est pas certain pour autant que les marchés actions soient les plus exposés. Rappelons-nous qu’entre 1941 et 1944, la bourse de Paris a connu un marché haussier très fort alors que la France était en pleine débâcle militaire, politique et sociale.

Ce phénomène est surnommé les « hausses de misère ». En période de crise, mieux vaut investir dans de grosses sociétés solides, qu’autres parts.

Il n’est pas impossible que les bourses européennes ou américaines en arrivent à ce stade.

Pour autant, Il est important de remarquer que le VIX, l’« indice de la peur »,  remonte en flèche ces jours-ci.

Dans la soirée du mercredi 28 octobre, le VIX est à 40. C’est un seuil critique. Certes, nous nous sommes habitués depuis 6 mois à des choses anormales mais tout de même. C’est loin d’être anodin. À ce stade c’est normalement un niveau insoutenable.

Pour autant, pour les plus courageux ou pour ceux qui sont investis à long terme et qui souhaitent parier sur une hausse des marchés après un Krach dû à cette 2e vague, tentons de comprendre pourquoi les actions pourraient croitre.

Habituellement, les investisseurs répartissent leur portefeuille entre une part sécurisée incarnée dans les obligations d’État et une part en action prétendument plus risquée mais avec un plus grand rendement. C’est ce que l’on appelle la théorie moderne de construction des portefeuilles. Dans cette théorie, en temps normal, les obligations stagnent pendant que les actions carburent et en temps de crise, les actions se cassent la figure mais les obligations montent car valeurs refuges pour le marché avec ses rendements garantis.

Ce type de portefeuille a globalement plutôt bien marché entre 1975 et 2015.

Or, aujourd’hui, avec un monde de taux d’intérêt à 0%, il est compliqué de corréler rendements obligataires et valeurs refuges.  Devant ce que l’on appelle la « disparition du rendement », beaucoup d’investisseurs ont préféré investir en actions quitte à prendre plus de risques. Mais également dans des biens tangibles – l’immobilier au premier rang – pour sécuriser leur patrimoine en substitution des obligations.

Nous sommes donc entrés dans un monde de bulle sur l’immobilier, les actions et les obligations. 

Maintenant que nous savons que certaines des entreprises les plus grosses et les plus performantes pourraient s’en sortir, reste à comprendre comment couvrir notre portefeuille financier.

En ce qui concerne les obligations, aujourd’hui, seule la Chine offre encore des rendements obligataires réels positifs.

Sur les 5 dernières années, investir dans les obligations chinoises fut un bon choix, même pendant et malgré le COVID, la Chine a maintenu ses taux contrairement au reste du monde.

Enfin, il pourrait être également intéressant de s’intéresser aux biens tangibles, ils restent une solide défense contre une crise monétaire. Mais ça, nous en parlerons dans un prochain article. 

Moins de liberté contre un revenu universel ?

Great Reset & Théorie monétaire moderne | Moins de liberté contre un revenu universel ?

Les USA et les pays riches de l’Union européenne sont en déclin. Plusieurs indicateurs autorisent ce constat. Trois, en particulier, retiennent l’attention. Le premier tient à la chute structurelle des taux d’intérêts à 0%, signifiant que l’avenir n’a plus de valeur. Le deuxième signale notre propension à vivre au-dessus de nos moyens, comme en témoigne le fait que la consommation représente environ 70% du PIB. Le dernier indicateur réside dans la chute de l’euro et du dollar.

Dans ce contexte de déclin, maintes pistes et réflexions ont été développées pour trouver la meilleure façon de renouer avec la croissance. Parmi ces réflexions a vu le jour une théorie monétaire moderne, en conjonction avec le « Great Reset ». Explications.

Dans nos économies modernes, aux USA et dans beaucoup de pays européens principalement, nous pouvons distinguer trois groupes d’individus.

Le premier est formé de ceux qui ont perdu espoir. Ils voient les grandes difficultés de ce monde, manque d’énergie et réchauffement climatique en tête, comme des obstacles insurmontables. Ils se replient donc sur eux même, sortent du système physiquement ou mentalement. C’est le profil qu’on peut appeler survivaliste.

La classe des faux intellectuels forme le deuxième groupe. Ils n’ont plus aucun contact avec le réel. Ils n’ont jamais pris de risques de leur vie — ils sont bien souvent fonctionnaires — parce que la prise de risques les terrifie. Pour eux, la véritable raison des difficultés de nos sociétés a une origine : un manque de planification par l’État.

Bien sûr, ces faux intellectuels n’aiment pas le peuple. Ils s’en méfient énormément : pour eux, les citoyens sont incompétents et inaptes à se gouverner eux-mêmes. Leur objectif est de vivre aux dépens des autres en échange de leur capacité naturelle et légitime, selon eux, à diriger le monde.

La meilleure incarnation de l’idéologie de ces personnes se trouve dans les grandes instances internationales comme le FMI ou les forums économiques mondiaux du type du forum de Davos. Ce sont ces gens-là qui nous réinventent le communisme à travers le monde sous une forme ou sous une autre. On les appellera la classe des « parasites ».

Enfin, le dernier groupe se compose de personnes dont les membres savent qu’ils ne savent pas grand-chose sur le destin du monde mais qu’à leur échelle, à l’échelle de leur vie quotidienne, ils sont conscients des opportunités à saisir pour l’améliorer. À défaut d’avoir toutes les réponses, ils essaient des choses. Parfois ils se trompent mais plus souvent ils réussissent et apprennent dans ce processus d’essais-erreurs.

Ces personnes, ce sont les capitalistes de terrain.

D’ailleurs, sur les deux derniers siècles, leur productivité, c’est-à-dire l’augmentation de la création de la richesse, était d’environ 10% par an — et cela, en dépit de la pression de la classe des parasites regorgeant d’idées pour les empêcher de vivre leur vie. Imaginons le résultat si on les avait laissés tranquilles…

Et nous voici maintenant à notre époque où nos élites « parasites » ont réussi à devenir la principale force qui dirige les USA et certains pays d’Europe.

Ces dernières années, ils ont formalisé leur vision à l’aide de deux grands concepts. D’un côté le « Great Reset », qui est une vision de l’avenir tout à fait cauchemardesque pour les capitalistes de terrains et les pessimistes du premier groupe. De l’autre côté, pour réaliser leur « Great Reset », ils ont élaboré la grande idée mortifère de la théorie monétaire moderne.

Côté « Great Reset », voici leur programme exposé de façon la plus claire et synthétique possible à travers ses différents jalons.

La première étape consiste en un état de la société où la propriété privée aura été éradiquée. 

Du point de vue des faux intellectuels, ce point de départ s’explique. En effet, posséder quelque chose c’est avoir une responsabilité et par conséquent prendre des risques. Or, puisque nos élites sont intolérantes au risque, leur idée est donc de ne rien posséder. Tout doit être la propriété de l’État et tout le monde pourra utiliser les choses disponibles dans le pays en fonction de critères définis par l’État. Bien sûr, l’État c’est eux.

La deuxième étape passe par la fin de la souveraineté.

Dans cette optique, ni les USA, ni aucun autre pays n’aura le contrôle de ses lois et de son destin. Encore une fois, la souveraineté renvoie à la prise de risques, monstre honni des faux intellectuels et, donc, à éliminer.

Donc, à la place d’États souverains, doivent émerger des instances collégiales dans lesquelles tous les fonctionnaires de tous les pays du monde s’occuperont de la marche du monde : FMI, ONU et autres Forums économiques mondiaux. Evidemment, ces instances sont aussi éloignées des réalités du terrain que de celles du peuple.

De cette vision idéale doit découler, dernière étape, un monde merveilleux où nous n’aurons plus ni faim, ni froid, où le réchauffement climatique aura été vaincu, tout comme la pauvreté et tout ce qui est difficile à vivre. La pollution elle aussi, évidemment, aura été éradiquée, et tous les réfugiés du monde pourront se rendre où bon leur semble et trouver du travail rapidement.

Nous aurons de meilleurs emplois, un niveau de vie plus élevé… Le paradis sur Terre.

Dans son livre La présomption fatale : les erreurs du socialisme, le célèbre économiste de l’après-guerre Friedrich Hayek expliquait que le propre des socialistes est de nier la complexité du monde et d’entretenir l’illusion que l’on peut rationaliser le monde dans ses moindres détails. Pour cela il suffirait simplement de donner plus de pouvoir et d’argent à nos élites.

Ils adoptent une logique tout à fait inverse de celle des capitalistes, laquelle consiste à partir du principe que l’on ne sait pas tout et qu’il appartient à chacun de faire ses propres essais pour construire sa réussite.

D’ailleurs, la conclusion de la synthèse du « Great Reset » de nos faux intellectuels est tout à fait éloquente. Si, à l’avenir, nous devons tenir compte des défauts de nos démocraties, il ressort, du point de vue des « parasites », qu’il faut plus d’élus détenant plus de pouvoir, tandis que, du point de vue des capitalistes, il conviendrait, au contraire, de se débarrasser de la grande majorité de nos élus qui sont soi-disant nos représentants alors qu’ils ne représentent plus le peuple depuis longtemps.

C’est pour cette raison que la théorie monétaire moderne ne tient pas la route non plus. Elle fait de la monnaie un outil de contrôle des populations.

L’idée fondamentale de cette théorie est que l’État peut utiliser le pouvoir monétaire non pas pour mettre à disposition un outil d’échange économique au secteur privé mais bel et bien pour accomplir une vision politique. La monnaie est considérée comme un monopole de l’État qui a la capacité de contraindre tout le monde à l’utiliser. C’est bien le mot contraindre qu’il faut retenir.

Par exemple, si l’État pense qu’il faut produire plus pour maximiser l’emploi et stabiliser l’économie, alors le « parasite en chef » ouvrira son manuel de la théorie monétaire moderner qui lui indiquera de baisser les taux d’intérêts. Pour cela, l’État doit disposer d’outils contraignants pour forcer ceux-ci à baisser. Aujourd’hui cela se fait grâce aux banques centrales par l’intermédiaire des banques commerciales. Mais ce n’est pas un système aussi directif que le voudrait notre classe de « parasites ». Ainsi émerge l’idée de monnaies numériques directement rattachées au contrôle des banques centrales. 

Par ailleurs, comme le peuple a tendance à se montrer revendicatif, les partisans de la théorie monétaire moderne sont aussi de fervents partisans du revenu universel.

Pour ces gens-là, un revenu universel permettrait de tuer toute velléité du peuple à contester le pouvoir en place. Dans la Rome antique, les parasites de l’époque l’avaient déjà compris avec le slogan « Du pain et des jeux ». D’ailleurs ce slogan est apparu vers l’an 100 soit à partir du moment où l’empire romain a cessé de s’agrandir et a amorcé son déclin qui aboutira à sa chute (du moins pour ce qui concerne sa partie occidentale) en 476.

Un dollar ou un euro numérique contrôlé par les banques centrales permettrait de mettre en œuvre facilement un revenu universel de base. Les impôts pourraient être prélevés directement sans possibilité d’y échapper, qu’ils soient consenti ou non par le peuple.
En résumé, retenons que le « Great Reset » et la Théorie monétaire moderne ne sont que les deux faces d’un même délire imaginé par des gens qui n’ont aucune utilité pour la société mais ont pour objectif de vivre confortablement à ses dépens.

Ainsi, la lettre d’investissement rédigée par Richard DÉTENTE et Guillaume ROUVIER, et avec la participation de Charles GAVE, évoque les marqueurs de fin de crise qui viendront évidemment de la Chine, et, dans sa rubrique cultur’ invest, indiquera un portefeuille-type à détenir pour y faire face.

Bien sûr dans les numéros précédents vous saurez comment acheter des obligations chinoises puisque c’est le seul marché obligataire issu d’une puissance mondiale sur lequel il est encore intéressant d’investir.

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Chine : construction d’une super puissance mondiale

La Chine est une dictature. Qu’on soit pour ou contre cette manière de gérer un pays, un fait est certain avec ce régime politique : une planification stratégique long terme peut se faire. Si nos gouvernants sont obsédés par la prochaine élection, ce n’est pas le cas des dirigeants chinois.

Prenons une idée fausse qui circule encore très largement : la Chine doit assurer 6% à 7% de croissance par an pour s’assurer que la hausse du niveau de vie de sa population suffise à faire accepter la nature du régime communiste.
Cette idée, bien ancrée, est issue de nul autre que Xi Jinping lui-même. Il a notamment expliqué ce constat en 2015.

Ce que certains considèrent encore comme une découverte de l’agenda secret chinois n’est qu’une information publique qui eut cour entre 2002 et 2020.

Aujourd’hui, la donne est différente. La migration des populations des campagnes vers les villes – colossale jusqu’à aujourd’hui – est terminée.

Chaque année, environ 20 millions de personnes quittaient les campagnes pour s’installer en ville. Sur 20 ans, la Chine a déplacé 500 millions de personnes. À titre de comparaison, cela réprésente presque 2 fois la population des USA.

Cette migration interne nécessitait effectivement une croissance du PIB de 6,5% par an afin de pouvoir subvenir aux besoins de cette masse incroyable. Les performances de croissance de la Chine s’expliquent aussi beaucoup grâce à cette migration. La production est souvent corrélée à une augmentation de la population. Lorsqu’il y a 20 millions de travailleurs en plus chaque année, forcément, la production a tendance à augmenter si les infrastructures sont présentes. C’était ça le challenge de la Chine des 20 dernières années. Arriver à faire suivre l’investissement dans les infrastructures du pays pour accueillir cet exode rural.

Maintenant que les mouvements de population entre la campagne et la ville sont essentiellement terminés, il est logique que la croissance prenne un rythme de croisière plus bas.

C’est dans ce contexte que nous arrivons en 2020.

L’objectif de long terme est profondément différent. Maintenant que de nombreuses infrastructures sont en place et que les usines sont installées, il faut faire monter la production chinoise en gamme.

Ces 30 dernières années, la Chine était vue comme une puissance économique dans les technologies du passé. Dit autrement, la Chine copiait et fabriquait les technologies occidentales. Ce deal, qui a duré plusieurs décennies, a mené à la désindustrialisation de l’occident au profit de l’Asie avec la contrepartie d’une vie de cigale pour les occidentaux.

L’objectif de long terme chinois devient alors clair : Devenir une puissance innovante. 

C’est logiquement à ce moment que les USA disent stop.
Ce fut par exemple le cas avec le domaine des semi-conducteurs, au centre des restrictions commerciales des USA envers la Chine. Les USA ne veulent plus honorer leur pacte faustien avec la Chine maintenant que le Diable vient chercher les âmes qu’on lui a promis.
La guerre commerciale fait alors rage et cela continuera quel que soit l’administration au pouvoir. Démocrate ou Républicain, peu importe, c’est une question de survie de l’empire US.

Et pourtant, la grande Histoire suit son cours. Aujourd’hui la Chine produit plus de smartphones que n’importe quel autre pays :

Quant à Taiwan, avec l’entreprise TSMC, le pays devient leader dans la fabrication de semi-conducteur de très haute qualité laissant Intel, géant occidental, sur le carreau.

Évidemment, retrouver Taiwan au cœur d’une haute technologie clef ne va pas apaiser les tensions diplomatique et militaires entre les USA et la Chine.

Il est donc et finalement assez logique que Trump ait concentré cette guerre commerciale USA-Chine sur la high-tech en rentrant dans un conflit très dur sur les semi-conducteurs et en interdisant le système Android de Google pour les smartphones de Huawei.
La technologie est le nerf de la guerre.

D’ailleurs, l’impact sur Huawei est tout à fait réel.

En réaction à cela, la Chine poursuit d’autant plus rapidement l’expansion de sa capacité de production de semi-conducteurs. 

Selon l’agenda Chinois, le plan appelé China 2025 a pour objectif de mettre à niveau l’industrie chinoise sur les technologies d’avenir par rapport à l’occident.

Le parti communiste chinois a également fixé un autre horizon à 2035. L’objectif est tout trouvé : dépasser l’occident et devenir une puissance innovatrice. Le but est notamment de supprimer 40% à 80% des importations de hautes technologies dont la Chine est dépendante essentiellement sur les secteurs des semi-conducteurs, des véhicules du futur et des énergies renouvelables.

À ce stade, nous ne sommes pas encore en capacité de dire si la Chine y parviendra ou non. En revanche, tous les marchés actions semblent y croire lorsque l’on regarde les sources de financements des entreprises qui doivent produire ces innovations :

Le financement par les marchés pèse à peu près la même chose en 2020 que l’investissement par la dette.

Enfin, depuis la crise du COVID, la Chine vise ce qu’elle appelle “la double circulation”. Concept qui vise à minimiser sa dépendance aux High Tech étrangères et notamment US. La chute du PIB Chinois au printemps 2020 est en grande partie dû à cette dépendance vis à vis de l’étranger. Ce terme de « double circulation » fait référence à la consolidation d’une demande intérieure suffisante sur tous les secteurs de production pour satisfaire la demande chinoise tout en continuant à échanger avec le monde. La Chine cherche à être suffisamment solide pour faire du commerce international sans toutefois s’exposer à des dépendances trop fortes et potentiellement trop préjudiciables à son économie.

Par ailleurs, conserver les investissements étrangers en Chine permet à la Chine de stimuler l’innovation dans son économie. C’est de cette façon qu’ils ont eu la technologie de nos avions de ligne ou de nos trains à grande vitesse.

Les achats massifs d’or par la Chine, la mise en place de la cotation en yuan du pétrole, la mise en place d’un équivalent du FMI asiatique ou encore d’un marché de cotation de l’or ne sont que des étapes prévisibles et annoncées des grands plans de la Chine pour asseoir sa stratégie à long terme.

La Chine est doucement en train de créer un concurrent au dollar grâce à un Yuan qui sera réévalué progressivement et qui bénéficiera d’une couverture en or.

Le pays de Xi Jinping va poursuivre ses achats d’actifs à l’étranger afin d’asseoir sa puissance. C’est aussi une des raisons pour laquelle la chine possède des participations dans tous les ports sur la route de Shanghai à San Francisco en passant par l’Europe.

En conclusion, il ne faut pas oublier que la Chine, dans l’Histoire du monde, c’est environ 20% du PIB et que les 19e et 20e siècles sont une phase de dépression pour la Chine qui a pris fin au 21e siècle. Quand le 20e siècle était le siècle des USA, on se dirige doucement vers un 21e aux couleurs de la Chine. 

Chine : puissance sous-estimée par l’occident

La Chine, pourtant puissance mondiale au cœur de l’Asie reste très mal connue en Europe et aux USA. Les informations que nous avons en tête sont souvent datées car la situation évolue rapidement.

Pour certaines personnes, de prime abord, la Chine est encore un pays en voie développement. Pour aller encore plus loin dans ce stéréotype, les chinois ne sont pas très bien payés et la Chine est une puissance économique car elle exporte énormément. Ou encore, la Chine ne pourrait pas s’en sortir si nous n’achetions pas chinois. Comprenez produits de mauvaise qualité mais pas cher.

La Chine n’est plus un émergent mais un pays émergé

Alors oui, on parle de la Pologne, de la Lituanie, de l’Estonie et la comparaison est faite avec le salaire médian des grandes villes chinoises comme Shanghai, Pékin ou encore Shenzen qui est l’usine High tech d’une bonne part du monde. Mais n’oublions pas que la population de ces trois grosses villes représente 59 millions d’habitants. Un comparatif, donc, tout à fait légitime puisque la Pologne est habitée par 38 millions d’habitants. Et si on additionne l’Estonie et la Lituanie, on approche des 4 millions d’habitants.

Certes, mais en Chine, ils sont 1,4 milliards. Donc, d’un certain point de vu, incomparables.

Mais il y a, malgré tout, certains points que nous pouvons comparer. Prenons le salaire moyen. L’avantage du salaire moyen est que lorsque vous le multipliez par la population, vous avez la totalité des salaires.

En 2020, le salaire moyen en Chine c’est 876 € soit 10 500 € par mois.
Sachant que la population active est de 806 millions de chinois, cela représente une masse de salaire distribuée à l’année de 8 500 milliards d’€. Pour rappel, le PIB de la France c’est 2 400 milliards € avant le COVID et le PIB des USA tourne autour des 17 000 milliards d’euros.

On se dit alors qu’un PIB aussi conséquent est surtout lié aux exportations – le made in china. Globalement, si on suit ce raisonnement, la Chine n’est pas grand-chose sans les USA et l’Europe. 

En quelque sorte, ils parasitent notre pouvoir d’achat pour se construire leur propre puissance.

Là aussi c’est une idée éculée.
En 2020, la part de la consommation dans le PIB en Chine sera d’à peu près 58% du PÏB.
Si le PIB chinois en 2020 sera d’environ 12 300 milliards €, la consommation représente donc 7 250 milliards €.
Certes, mais que cela signifie t-il ? 60% de consommation sur le PIB suffit pour être un pays indépendant du pouvoir d’achat de l’occident ? 
Aux USA, par exemple, la part de la consommation est d’environ 67% selon les années.

Seul bémol de ce constat : une part de la consommation trop importante c’est un déficit annuel trop important.

En économie, comme dans beaucoup de matière, tout est affaire d’équilibre. Si vous consommez beaucoup et que vous ne travaillez pas assez, vous sombrez.
C’est le prix nobel d’économie français Maurice Allais, qui a théorisé cela avec sa fameuse « règle d’or ». Il y explique notamment que la rémunération de l’épargne, donc les taux d’intérêts, doivent permettre de trouver l’équilibre optimum entre consommation et investissement. Si vous consommez trop, vous n’investissez pas assez et le capital productif de votre pays finit par disparaître. C’est ce qui se passe en Europe et aux USA. Les délocalisations ne sont que la conséquence de notre envie de consommer démesurer.
Bilan : Nous vivons au-dessus de nos moyens. 

À l’inverse, si vous investissez trop et que vous ne consommez pas assez, vous êtes une fourmi invétérée, alors vous risquez d’appauvrir votre population et/ou de faire les mauvais investissements pour satisfaire des clients étrangers qui vous paieront en monnaie de singe.

C’était le cas de la Chine il y a 20 ans. Elle accumulait des dollars et des bons du trésor américain en contrepartie de leurs exportations. Aujourd’hui la Chine a plus d’un millier de milliards de réserves de change essentiellement en dollars et ils savent pertinemment que cela va mal se passer pour ce gros stock de dollar (mais également d’euros).

C’est notamment dû à ce phénomène que certaines mutations ont eu lieu en Chine.

Pendant 40 ans, la Chine a, volontairement, accumuler dollars et euros pour deux raisons :

  • La première est politique. Rester en bon terme avec les USA et l’Europe était important pour construire leur empire. 
  • La seconde est financière. En effet, cette grande quantité de dollars a permis à la Chine de maintenir son Yuan bas par rapport au dollar. 

Si le Yuan est bas ce n’est pas parce que la Chine est une dictature. Dictature ou pas, si les équilibres économiques ne sont pas là, un pays s’effondre. La Turquie en ce moment est un bon exemple. Ils ont un dictateur au pouvoir mais la livre turque est très mal en point.

Pour aller plus loin, le mieux est de comprendre le deal passé entre la Chine et l’Occident. 

La Chine : 

  • S’engage à fabriquer sur son territoire les produits que les occidentaux veulent. 
  • Pas d’achats d’actifs américains sur le sol de Washington. 
  • Recycler les dollars en obligations américaines, cela permettra d’acheter encore plus chinois. 

En contrepartie, l’occident s’engage : 

  • À délocaliser usines et emplois en Chine 
  • À laisser le Yuan sous-évalué par rapport au dollar

Politique occidentale qui va provoquer de gros déficits budgétaires. L’occident dépense plus qu’il ne gagne en Chine. Mais, étant donné que la Chine rachètera cette dette, l’occident peut se le permettre jusqu’à ce que ce cycle de désindustrialisation soit fini.

Dit autrement, les USA et l’Europe ont acheté les importations chinoises en contrepartie d’une désindustrialisation programmée. Un Yuan sous-évalué et des réserves de changes explosives ne sont que le moyen monétaire et financier de procéder à ce transfert de richesse.

Si on suit ce raisonnement, la Chine finit riche et l’occident pauvre. Mais alors pourquoi l’occident a accepté un deal aussi mauvais ?

La raison est simple : on a vendu les bijoux de famille pendant 40 ans.
Pendant 40 ans, l’occident a vécu au-dessus de ses moyens. Pendant que les chinois travaillaient 60 heures par semaine. 

D’ailleurs, si les USA ont été des partenaires indéfectibles de ce Deal pendant 40 ans, aujourd’hui, alors que l’heure est venue de donner son âme au diable en contrepartie de ces 40 années de fêtes, les USA ne veulent pas en entendre parler. Ce deal est la cause fondamentale de la guerre commerciale entre la Chine et les USA.

C’est pour cette raison que peu importe qui est le président des États Unis, cette guerre commerciale aura lieu et devrait être perdue par les USA

Tout cela s’est bien illustré pendant la pandémie qui a frappé toute la planète. 
La Chine détient les moyens de production.
Les occidentaux se sont battus entre eux pour avoir le droit d’acheter des masques, des médicaments et du matériel médical aux chinois.

Le monde d’après est-il synonyme de déflation ?

Nous n’avons jamais connu de chocs économiques et monétaires aussi grand. 
Chose rare : les économistes nous disent que l’offre s’est effondrée en même temps que la demande. En effet, le nombre de personnes en capacité de faire des achats a fortement diminué en même temps que la capacité à produire des entreprises s’est effondrée.
Cela se résume en une situation assez simple : confinement oblige, beaucoup d’entre vous ne peuvent plus aller travailler et ont vu leurs revenus diminuer ou disparaître en fonction des cas.

Historiquement une telle période aurait enclenché une crise économique déflationniste d’anthologie comme dans les années 30. 
Aujourd’hui – et ce pour ne pas reproduire ce qu’il s’est passé suite aux dernières grandes cirses – les états et les banques centrales sont à la manœuvre à grand renfort d’injections monétaires tant dans le circuit de la finance que dans l’économie réelle.
Le bilan de la banque centrale des États-Unis illustre bien le choc monétaire que les états ont mis en route sur le plan budgétaire. Les dépenses sont également massives étant donné que l’inflation est avant tout autre chose un phénomène monétaire. 

Mais alors, comment une crise déflationniste par nature pourrait se transformer en crise inflationniste carabinée ? Explication et analyse de ce phénomène qui risque d’arriver.  

Beaucoup de personnes comparent cette période à la grande crise de 1929 ou, dans une moindre mesure, à celle de 1968 (à cette époque la production dans le pays s’était aussi arrêtée en France car une bonne partie de la France était dans la rue).

Pourtant ces deux exemples, bien qu’intéressant à étudier car ce sont nos seuls points de comparaisons historiques, n’ont pas grand-chose à voir avec ce que nous vivons aujourd’hui. 
Deux facteurs majeurs nous distinguent fondamentalement de tout ce que nous avons connu auparavant : 

  • L’existence d’internet 
  • L’endettement massif 

Pour particuliers, entreprises ou États, internet est un facteur clé et non négligeable : dans les crises précédentes, le manque d’informations actualisées et le manque de communication entre les décideurs à travers le monde ont fait des ravages.
C’était le cas lors de la crise de 1930 : les informations se propageaient très lentement et les remontées d’informations du terrain n’était pas du tout aussi précises qu’aujourd’hui.
En effet, en 1930, un Chef d’État avait peut-être 90% des indicateurs en moins sur son tableau de bord. De plus, ces indicateurs s’actualisaient évidemment beaucoup moins rapidement. Si on compare la gestion d’un État à une course d’orientation, Herbert Hoover, président des USA en 1930, s’orientait avec une carte en papier mise à jour une fois par an tout au plus.  Trump, quant à lui,  est armé d’un smartphone dernière génération. 

Certes, ces deux crises sont différentes. Mais la manière d’interagir face à une crise est non négligeable. 
Ces deux présidents ne vivent pas une crise de la même manière : les contraintes comme les possibilités de développements sont incomparables. 
En 2020, une crise déflationniste par manque de réactivité des autorités est très peu probable tant la vitesse de réaction est grande. 
Finalement, le seul véritable moyen pour qu’il y a ait une crise déflationniste aujourd’hui serait une perte de la confiance dans la monnaie.

Nous avons constaté dans la première partie de cet article qu’une déflation par perte de contrôle de la monnaie ou du peuple serait très peu probable. Que peut-il alors se passer ? 

Un constat sur cette crise est clair : l’État tente de maintenir le pouvoir d’achat des français. 

En injectant de l’argent à tout va, le chômage partiel pour tous ou le report des divers prélèvements opérés par l’État sont de bons exemples d’argent injectée dans l’économie. Cela coûte cher mais, dans un premier temps, cela permet au tissu économique de ne pas s’effondrer sur lui-même.  
En revanche, payer les français à rester bricoler chez eux, cela revient en termes économiques à stopper la production : les entreprises sont à l’arrêt tout en maintenant le pouvoir d’achat.  Bilan : autant d’argent pour moins de biens et services en circulation. 

Cela nous fait doucement penser à une recette de crise inflationniste. 
Le fait que les français soient dans l’obligation de rester chez eux, qu’ils n’aient pas forcément de vision précise et concrète sur l’avenir, les oblige à épargner. Bien plus que d’habitude. 
Malheureusement, épargner ne relancera pas l’économie. 

Comprenez maintenant les raisons pour lesquelles notre ministre des finances, Bruno le Maire, vient nous expliquer que mettre des sous de côté en ce moment, ce n’est pas bien. Tout cela devrait logiquement être arbitré par le niveau de taux d’intérêts, mais nous sommes en crise. Ce sont donc aux français de faire des efforts. Malheureusement, comme la banque centrale européenne s’est chargée de définir ce qui était un bon niveau de taux d’intérêt, la régulation ne se fait plus. 

Le second problème, non négligeable également, est la dépense. 
Magasins fermés, vacances interdites, pas de voitures au-delà d’un kilomètre…Compliqué de dépenser tel un épicurien. 
De plus, les revenus sont, globalement, en baisse par rapport à l’avant crise. Nous pouvons donc faire une croix sur un quelconque niveau de croissance équivalant à ce qui prévalait avant la crise. 

Prenons un exemple simple pour imager cela :  un ménage avec un revenu de 2 mille euros avant la crise passe à 1500 euros pendant la crise. Monsieur et madame ont 86 % de leur salaire au chômage partiel mais madame n’a plus les heures supplémentaires et monsieur n’a plus les primes. Ils se retrouvent avec 75 % de leurs revenus. En revanche, ils n’ont plus aucun frais de déplacement, ne payent plus la cantine des enfants qui sont à la maison. Plus de frais de garde ou plus de frais pour les activités, monsieur ne va plus voir les matchs le samedi et madame ne fait plus de shopping sauf un peu sur Amazon. 
Concrètement, leur train de vie passe de 1800 euros par mois à 1200 euros par mois avant la crise. Ils mettaient 200 euros de côté et pendant la crise, 300 euros de côté. 

Du côté des entreprises, elles vendaient chaque mois pour 1800 euros de biens et services à notre famille. Aujourd’hui, elles vendent plus que 1200 euros environ soit 35% de moins.  C’est à peu près la chute du PIB qu’on observe sur mars et avril. En précisant que nous faisons l’impasse sur pas mal de choses comme l’investissement pour simplifier le raisonnement. 

Suite à ce constat, deux choses sont à noter : 
– De nombreuses entreprises vont faire faillite car les marges des entreprises sont faibles en France. Cela va poser problème après le déconfinement puisque monsieur ou madame va se retrouver au chômage.
– Une fois le déconfinement réalisé, seul monsieur retournera travailler et les 600 euros qu’ils ont mis sagement de côté sur mars et avril leur serviront à financer le temps où les revenus de madame qui se seront effondrés car elle sera en recherche d’emploi. 

En termes monétaires, on verra apparaître de l’inflation si l’État continue à donner de l’argent à des ménages qui ne consommeront que l’essentiel pour s’en sortir. De ce fait, nous nous retrouvons avec le prix des produits alimentaires de base qui augmentent et les prix des produits plus secondaires qui diminuent. 

Nous pouvons donc tirer certaines conclusions de ce que vous venons d’expliquer : 

  • D’abord, ne comptez pas sur une reprise fulgurante de l’économie. Dire aujourd’hui que l’économie va retrouver son niveau d’avant c’est dire qu’un couple qui gagne aujourd’hui 1500 euros, et dont l’un des deux conjoints va tomber au chômage, va retrouver son niveau de revenu d’avant crise dès le 11 mai. 
  • Quant aux entreprises, cela voudrait dire qu’aucune ne fera faillite et que la quantité de production de biens et services sera au même niveau qu’avant la crise. Sachant que la Coface annonce une hausse des faillites de 25 % pour 2020…

Et l’inflation là-dedans ?

Une chose est sûre : cette dette est à taux fixe. 
Cela signifie, simplement, que notre couple avec enfants dont un seul parent a retrouvé du travail après le déconfinement va voir ses revenus baisser mais ses crédits rester au même niveau. 

Deux solutions s’offrent alors à notre couple : 

  • Ils ont de l’épargne et décident de rembourser leurs emprunts au plus vite ce qui est un mécanisme déflationniste. 
  • Ils n’ont pas d’épargne et se retrouvent dans l’ennui profond qui peuvent les conduire à un défaut de remboursement de leur prêt immobilier, auto ou crédit à la consommation. Ceci est également un mécanisme déflationniste. 

Pour autant, comme nous l’avons noté au début de cet article, nous ne sommes pas en 1930 et les gouvernements sont bien conscients de cette situation. L’État pourrait décider de continuer à verser de l’argent pour maintenir le système d’une façon ou d’une autre. Des prêts ou des aides directes à l’entreprise de Madame pour qu’elle ne soit pas licencier ou une rallonge directement envoyée aux ménages. 

Aujourd’hui, nous ne savons pas ce qui est dans les tuyaux car tous les mécanismes en place sont essentiellement basés sur la période de confinement mais on abordera très probablement ce sujet une fois que nous serons confrontés à la peur de la déflation. Un scénario déflationniste dans une économie endettée est équivalent à une fin de partie puisque la pyramide du crédit s’écroule faute de personnes aptes à rembourser. 
C’est dans cette hypothèse que l’État imprimera ce qu’il faudra et qu’il est possible que l’on voit apparaître de l’inflation sur certains produits. 
C’est déjà le cas avec l’or, actif qui réagit à l’inflation monétaire. Mais cela est aussi le cas avec l’alimentation comme nous savons qu’imprimer de l’argent ne règle pas les problèmes mais en créer de nouveaux (des problèmes). 

On verra encore plus de déséquilibres apparaître de ci et de là. 

À partir de ce moment, absolument rien n’est lisible ou prédictible, tout dépend des réactions des uns et des autres face à des crises. L’État pourrait provoquer alors une inflation volontaire pour réduire les dettes. Cela reviendrait à faire exploser l’euro assez rapidement ou, à moindre mesure, la perte de confiance dans la monnaie, ce qui ferait exploser le prix de l’or et des actifs réels. Ou bien, l’Europe pourrait se maintenir dans ses dogmes inflexibles et nous plongerons dans la déflation jusqu’à ce que des équivalents aux « gilet jaune » fassent sauter le système politique. 

Finalement, nous finirons plus pauvres à coup sûr. 
Warren buffett imself a tenu son assemblée générale samedi dernier.
Un message à retenir : tous aux abris. 

En conclusion, pour le moment, inflation ou déflation, personne n’en sait rien. En revanche, nous savons que l’économie réelle est en crise et qu’à ce jour nous ne sommes pas prêt d’en voir le bout.